Présentation de l'echo Ardoisier au format pdf

L'histoire de l'Echo Ardoisier compté par René Jacquemmoz

La musique de St Julien (1878 - 1900)

Les archives de notre Société font, hélas, totalement défaut sur cette période de notre Musique et seule la tradition orale a permis d'en suivre quelque peu l'histoire, que certaines traces, principalement dans les documents municipaux, viennent cependant corroborer.
C'est donc en 1878 que notre compatriote Eusèbe Gros, du quartier Saint-Pierre, rentrant de la guerre de 1870 et du service actif (qui durait à l'époque de nombreuses années, et qu'il avait passé dans une musique) décidait de fonder une fanfare en notre commune, fanfare dont il devenait évidemment le chef, et entreprenait l'instruction de ses premiers élèves...
On ignore avec quels moyens financiers (rares à l'époque) pûrent être acquis les instruments nécessaires (et qu'il alla chercher lui-même à Lyon) mais on imagine sans peine la tâche qui dût être la sienne, alors que tout était à créer, à commencer par la formation musicale des exécutants.
La municipalité ne devait pas rester insensible à ses efforts, puisqu'on retrouve mention, dans ses budgets, d'une première subvention de 20 francs en 1880, puis à nouveau de 100 francs par an de 1893 à 1897 inclus... Ainsi qu'une subvention spéciale en 1896, pour l'inauguration des travaux (qui firent autorité en France) d'aménagement du torrent de Saint-Julien "avec la Fanfare" le 30 août 1896, inauguration où il semble bien qu'organisateurs, invités (les plus hautes personnalités du épartement) et spectateurs, se soient transportés jusqu'à la galerie creusée sous Montdenis, avec musiciens et instruments.
Cette participation à cette mémorable inauguration devait constituer un des trois éléments majeurs (le second) qui marquèrent cette première période de la vie de notre musique, entre 1878 et 1902.
Le prmier avait consisté, vers 1880, en l'exécution surprise (à l'initiative du chef) de la "Marseillaise" en l'église de Saint-Julien, à l'occasion d'une cérémonie, événement considéré à l'époque comme plûtot séditieux et qui devait provoquer un assez bruyant scandale!... suivie de l'interdiction formulée par Mgr l'Evêque de Maurienne, de laisser dorénavant nos musiciens pénétrer dans notre église...
Après bien de remous, il fallut l'intervention personnelle de Monsieur le Maire de Saint-Julien auprès de l'Evêché pour que fût, par la suite, levée cette sanction, telle qu'en atteste une lettre personnelle de Mgr Michel, Evêque, en date du 10 juin 1881, à M. le Curé de Saint-Julien, informant celui-ci que:
"M. le Maire lui ayant affirmé avoir reçu du Chef de Fanfare sa parole d'honneur de ne plus faire exécuter à ses musiciens que des morceaux appropriés à la Sainteté du lieu",
il était heureux de pouvoir rapporter cette mesure...
Notre musique n'avait guère plus de deux ans d'existence, mais elle venait ainsi d'entrer, "en fanfare", dans notre histoire locale.
Le troisième (et dernier) épisode marquant, devait être plus tragique et provoquer, un peu avant 1900, la mise en sommeil des activités musicales, jusquu'au redémarrage de 1902...
Traversant un soir le Costerg (où se trouvait la première salle de répétitions) nos musiciens devaient, pour un motif apparament futile, déclencher une terrible bagarre avec un groupe d'Italiens résidant dans le quartier... Une maison fut même prise d'assaut, et il en était résulté mort d'hommes. Des peines de prison allaient s'abattre par la suite, sur les participants à l'affaire et les contraindre à suspendre ainsi leurs activités...
Disons, à la décharge de nos musiciens, que ce drame s'insérait dans le climat local de l'époque, issu de longues animosités entre notre population et les familles italiennes venues travailler aux Ardoisières locales (les "Immigrés" d'alors) et d'années de luttes sauvages qui avaient fait, chez nous, d'assez nombreuses victimes de part et d'autre.
Il allait valoir également l'installation, pendant près de 40 ans, d'une section spéciale de gendarmerie à Saint-Julien fait à mettre donc aussi, en bonne partie, à l'actif de nos bouillants anciens.
Eusèbe Gros ne devait plus reprendre ses fonctions après cette terrible affaire et mourût, à Chambéry, au début des années 30.

L'Echo Ardoisier (de 1902 à aujoud'hui)

En construction

La salle de musique

En construction

Texte: René Jacquemoz